
En fin d’année dernière, dans les allées particulièrement animées du salon Energia, un mot revenait systématiquement dans les échanges entre exposants et visiteurs : l’autoconsommation.
Pour nombre d’acteurs du photovoltaïque, elle représente aujourd’hui bien davantage qu’un simple segment de marché. Après l’arrêt du dispositif S21, qui a profondément modifié les équilibres économiques de la filière, l’autoconsommation s’impose progressivement comme un levier structurant de transformation.
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte plus large. Les projections internationales convergent : la décennie 2030–2035 pourrait marquer une reconfiguration des flux énergétiques mondiaux. Dans un environnement géopolitique plus fragmenté, la question de la souveraineté énergétique redevient centrale.
La France, dont une part très significative des besoins énergétiques reste couverte par des importations d’énergies fossiles, ne peut éluder cette réflexion. L’enjeu n’est pas seulement environnemental. Il est industriel, stratégique et économique.
La publication prochaine de la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie constitue à cet égard une étape majeure. Elle doit permettre d’inscrire notre trajectoire dans une vision de long terme.
Un point mérite toutefois une attention accrue : l’intégration du stockage et de l’électrification des usages dans la planification énergétique. Les batteries stationnaires, mais également le développement rapide des véhicules électriques, constituent un potentiel de flexibilité et de stockage décentralisé encore sous-exploité.
Rappelons qu’aujourd’hui, plus de 70 % de l’énergie consommée en France demeure d’origine fossile. L’électrification progressive des usages — industrie, mobilité, bâtiment — est donc un enjeu structurant.
Dans cette perspective, l’autoconsommation photovoltaïque n’est pas un simple ajustement post-réglementaire. Elle participe d’une évolution plus profonde vers un modèle énergétique plus résilient, plus décentralisé et plus autonome.
2035 n’est pas une échéance lointaine. Les choix d’investissement réalisés aujourd’hui détermineront notre capacité collective à sécuriser l’approvisionnement énergétique de demain.
Il est temps d’aborder cette transformation non comme une contrainte, mais comme une opportunité industrielle et stratégique.
